Portrait de femme inspirante  #7 – Magali Duramé

Portrait de femme inspirante #7 – Magali Duramé

Je poursuis mon Défi en te proposant une nouvelle rencontre avec une femme entrepreneure. Un nouveau portrait de femme inspirante, celui de Magali Duramé qui a su allier vie professionnelle et valeurs profondes, grâce à l’aventure Foodologic.

Elle a choisi de partager avec nous son parcours, du salariat jusqu’au moment où elle a osé sauter le pas.

Je te propose donc ici son portrait ainsi que quelques informations sur l’action de Foodologic et le gaspillage alimentaire.

Mais avant cela, voici quelques mots sur Foodologic, pour te permettre d’en saisir vraiment l’enjeu.

Portrait de femme inspirante - Magali Duramé - Fondatrice de Foodologic (lutte contre les pertes alimentaires)
Magali Duramé

Foodologic ou la lutte contre le gaspillage alimentaire

C’est une solution digitale qui met en rapport les professionnels de l’agro-alimentaire (producteurs, industriels, restaurateurs…).

Objectif : réduire les pertes alimentaires en sauvant les excédents de fruits et légumes (surproduction, hors calibre, ou difformes) du sort qui les attend, à savoir d’être jetés ou laissés au champ.

Et si nous regardons les chiffres 2016 du gaspillage alimentaire, nous comprenons rapidement qu’il s’agit d’un véritable enjeu (10 millions de tonnes de denrées alimentaires en France).

Et comme parfois, une vidéo vaut mieux qu’un long discours, voici une présentation de Foodologic :

Qui est Magali Duramé ?

Derrière la naissance de Foodologic, il y a Magali Duramé.

Une voix grave, ferme dans laquelle se dégage une réelle assurance et un langage clair, direct et sans fard.

Voici l’impression que me laisse Magali.

Mais pas uniquement.

Une citation me vient à l’esprit en repensant à notre entretien :

« Il n’y a que deux conduites avec la vie : ou on la rêve ou on l’accomplit. »

René Char

Et Magali a choisi de faire les deux.

De l’envie, de la volonté et du courage

C’est dans le domaine de l’Economie puis de l’Economie de l’Energie dans une école d’ingénieur que Magali entreprend ses études.

Sa carrière professionnelle, outre ses jobs d’étudiante, débutera dans les énergies renouvelables.

Puis Magali se tournera vers la Grande distribution où elle restera près de 13 ans. Durant cette période, elle passera par plusieurs métiers avant de se décider à se lancer dans l’intraprenariat puis l’entreprenariat : conseillère en énergie, responsable de rayon, cheffe de secteur, contrôleuse de gestion, responsable supply chain, future directrice de magasin.

Magali a eu plusieurs vies professionnelles.

Le déclic qui lui a fait sauter le pas ?

La notion de sacrifice pour une promotion au détriment de sa vie personnelle et des valeurs qui n’y ont pas complètement leur place : la terre, la culture, l’écologie.

Le début d’une phase d’introspection

Quels dénominateurs communs pouvait-elle trouver entre toutes ses aspirations ?

Elle souhaitait un projet qui soit à la fois utile à son épanouissement professionnel et réunissant tout ce qui lui tenait à cœur dans la vie.

C’est ainsi qu’est née l’aventure Foodologic il y a un an et demi.

A cette annonce, les réactions de son entourage sont partagées. Des encouragements et/ou de l’inquiétude de mettre de côté de belles perspectives de carrière selon les cas.

Mais cela n’arrête pas Magali. Elle veut tester, se lancer.

A chaque fois qu’elle a tenté quelque chose de nouveau, elle a toujours rebondi. Ses expériences ont toujours été positives. Et Magali a confiance en sa capacité à se sortir des situations les plus complexes.

« Quoiqu’il arrive, ce ne sera que du bonus. »

« Les difficultés dans la vie, tout dépend de ce qu’on en fait. »

Le début de l’aventure

Magali quitte donc son poste en janvier 2019 pour lancer Foodologic fin février 2019.

Elle ne pouvait alors plus faire machine arrière. Elle avait enfin « aligné ses planètes », créé son job idéal qui rassemblait tout ce qui la portait. Le job qui la rendrait fière et qui lui permettrait de s’épanouir.

Il lui faudrait apprendre tous les jours, seule ou au contact des autres selon les cas.

Un véritable défi. Mais Magali est une challengeuse.

Néanmoins, elle n’en a pas oublié toute prudence pour autant. Elle s’est donnée le temps de la réflexion. La promotion qui lui était proposée a été mise en stand-by, le temps de prendre sa décision.

Puis elle a prospecté et établi un business plan.

De plus, elle s’est formée sur son temps personnel et a travaillé sur les projets qui pouvaient émerger.

Certes, c’était beaucoup d’énergie. Mais Magali a été éduquée dans la culture du travail. De plus, quand on travaille dans la grande distribution, on est habitué à ne pas compter ses heures. Il faut avoir une grande capacité de travail.

Selon elle, il est surtout question de ressources personnelles et de volonté.

Portrait de femme inspirante  - Magali Duramé - Plateforme FoodOLogic oeuvrant pour la réduction des pertes alimentaires
Plateforme FoodOLogic

Une journée type chez Foodologic ?

Ses journées se partagent entre contribuer à sauver des productions et trouver des débouchés dès qu’il y a de nouvelles annonces.

En fait, l’objectif affiché est à la fois environnemental et solidaire. En effet, il s’agit de limiter les pertes alimentaires mais également de procurer un revenu équitable aux producteurs.

Ce qui t’a aidé dans ton aventure ?

Magali m’explique qu’elle avait déjà des compétences sur lesquelles s’appuyer pour faire réussir le projet.

Ainsi, avoir travaillé dans le commerce, lui a apporté celles d’acheteuse / vendeuse à savoir le contact avec les clients, savoir identifier le besoin client et négocier …

Et grâce à son expérience de contrôleuse de gestion, elle savait déjà élaborer un prévisionnel, accompagner la croissance et avoir une gestion agile, entre prudence et ambition…. Des compétences essentielles pour inspirer confiance aux investisseurs.

Quant au projet Phygital qu’elle avait mené, elle lui devait les connaissances nécessaires dans le digital.

Enfin, ayant eu la responsabilité d’une ouverture de magasin, d’autres domaines lui étaient familiers : projets transverses, ressources humaines, management, écologie…

Des difficultés ?

Comme tout nouvel entrepreneur, Magali a connu quelques défis à relever.

Parmi ceux-ci, elle cite sa méconnaissance du développement web qu’elle a dû apprendre sur le tas. Ainsi, en étant conseillée, elle a pu créer seule le site internet et les réseaux sociaux au début.

Quelles sont tes fiertés ?

Sa plus grande fierté est son sentiment d’être utile. Son projet lui permet à la fois de sauver des produits du gaspillage et de contribuer à une rémunération plus juste des producteurs.

Et grâce à cette aventure, elle a aussi davantage confiance en elle. En effet, bien que les projets portés dans ses expériences professionnelles passées aient été des succès collaboratifs (avec ses équipes et collègues), elle sait qu’elle a désormais la capacité de porter un projet seule.

Toutefois, si elle a la tête dans les étoiles, elle sait aussi rester pragmatique.

Magali est lucide. La crise économique liée au Coronavirus est présente. Il faut pouvoir manger avant de vouloir bien manger.

En cela, les prochains mois seront un catalyseur.

En effet, elle verra alors quelles seront les priorités, certainement un compromis entre écologie et accessibilité.

Quelle est la place des réseaux professionnels dans cette aventure ?

Magali confirme qu’elle fait partie de différents réseaux.

Des réseaux d’entrepreneur.e.s comme le Réseau Femmes Entrepreneures Orange ou Mouves.

Et ces organisations lui permettent de trouver le soutien mais également d’en apporter en tant que mentor (100 000 entrepreneurs). Elle peut ainsi sensibiliser les plus jeunes à l’entreprenariat.

La prochaine étape ?

Côté professionnel, ce serait de pérenniser l’activité et de pouvoir en vivre.

L’année 2021 sera en cela charnière.

Et côté personnel, il faut savoir qu’être entrepreneure sociale est un engagement à la fois personnel et professionnel où il est nécessaire de trouver le bon équilibre pour se préserver.

Mais malgré les difficultés rencontrées, Magali assure qu’elle n’a aucun regret de s’être lancée. En fait, elle a appris beaucoup sur elle-même et a conscience qu’elle peut être fière de ce qu’elle a déjà accompli.

Et si tu avais des conseils à donner ?

Magali est persuadée que nous avons tous une grande capacité à réaliser des choses.

Malheureusement, nous utilisons trop souvent cette énergie pour trouver toutes les raisons de ne pas faire.

« Il faut inverser cette tendance sans attendre l’autorisation des autres et faire quelque chose qui nous ressemble. ».

« La volonté, l’envie, le courage et nos capacités sont véritablement clés. ».


Je remercie Magali d’avoir accepté de partager son expérience.

Et toi, es-tu prêt.e à mettre ton énergie dans un projet positif ?

Ce portrait t’en a-t-il donné l’envie ou fait naître une vocation ?

Sache que si tu es intéressé.e par le sujet du gaspillage alimentaire, de nombreuses initiatives sont nées depuis quelques années. Elles font suite à une loi anti-gaspillage promulguée en 2016. Je t’en dis plus ci-dessous.

Et si tu souhaites retrouver d’autres portraits comme celui de Magali, rendez-vous sur la page Défi. Tu y trouveras les interviews d’autres entrepreneures, telle Léa Credidio, une architecte d’intérieur travaillant avec des matériaux de récupération. Mais tu découvriras également des portraits comme celui de Mai Nguyen qui s’est servie des épreuves rencontrées pour construire une activité lui permettant d’aider les autres.

Propos recueillis par Sophie Willocquet le 22 juillet 2020


Pour en savoir plus sur les pertes alimentaires

Chiffres Statista / ADEME 2016 - Gaspillage alimentaire en France
Chiffres Statista/ADEME 2016 – Gaspillage alimentaire en France

Ces chiffres sur le gaspillage alimentaire en France fournis par l’ADEME (Agence de la Transition Ecologique) sont déjà bien éloquents.

Mais peut-être veux-tu en savoir encore davantage sur les pertes alimentaires, c’est-à-dire ce qui est produit mais non consommé ?

Alors rendez-vous sur le site du gouvernement (clique ici).

Tu y trouveras entre autres informations :

  • des gestes anti-gaspi simples à mettre en place chez soi,
  • un rappel sur des notions comme la Date Limite de Consommation (DLC) pour jeter uniquement quand cela est nécessaire
  • ou comment bien préserver les aliments avec, par exemple, un rangement optimal dans son frigo.

Est-ce pour autant suffisant ?

Et bien non car, si le consommateur a un vrai rôle à jouer, il n’est pas le seul acteur à avoir une responsabilité dans cet enjeu.

Pour bien comprendre ce qu’il y a derrière les pertes et gaspillages alimentaires, voici une courte vidéo :

Et maintenant, à toi de jouer ! C’est aussi entre tes mains.

Tu peux ainsi prendre de nouvelles habitudes mais également les enseigner à tes proches. Mais peut-être est-ce déjà le cas.

Alors je t’invite à partager dès à présent tes bonnes habitudes, tes astuces…

Au plaisir de te lire.

A bientôt.

Sophie

16 Comments

  1. C’est un témoignage inspirant. On pourrait croire qu’elle avait « presque » toutes les compétences pour se lancer mais malgré tout il faut oser se lancer et quitter son confort établi.
    Comme vous l’expliquez, il est important de donner du sens à ce que l’on fait et d’être en phase avec ses actions.
    Le gaspillage alimentaire est un vrai sujet, surtout dans l’industrie agro-alimentaire. Cependant, chacun peut-être acteur à son échelle. Pour ma part, je suis abonnée à un panier AMAP et certains légumes ont des formes un peu bizarre … Mais on en rigole et avec les enfants, nous jouons à imaginer à quoi ça ressemble.

    1. Sophie Willocquet

      Merci Lucie pour votre message. Effectivement, il faut une belle dose de courage pour tout quitter et enfin s’écouter. En ce qui concerne le gaspillage alimentaire, je confirme que nous avons tou.te.s un rôle à jouer. Prévoir les repas, par exemple, laisse peu de place à l’improvisation mais permet de limiter la casse. J’ai bien entendu parler des paniers AMAP mais ce n’est pas fait pour moi (je suis presque plus difficile que les enfants). Par contre, je ne suis pas contre les légumes « moches ». J’ai même tendance à les choisir quand j’en vois avec des formes étranges. Finalement, je me demande si je ne suis pas restée une enfant 😉. Belle journée.

  2. Super témoignage Sophie!

    En plus, le gaspillage alimentaire est un sujet important qui selon moi est trop peu traité.

    Mais heureusement les mentalités évoluent. Et on progresse.

    Enfin bref, très bon portrait de femme entrepreneure et créative!

    1. Sophie Willocquet

      Merci Manu. Ton commentaire me fait plaisir. Je trouve aussi que les personnes comme Magali méritent d’être connues. Elles oeuvrent vraiment pour un monde meilleur là où d’autres préfèrent encore conserver leur confort, même au prix fort. Mais tu as raison, cela évolue et c’est une bonne chose. Belle journée et à bientôt.

  3. Bonjour Sophie,
    Passionnant le parcours de Magali. Comme tu le décris dans ton article c’est une challengeuse.
    On le voit quand elle dit qu’elle rebondira facilement même si son projet n’aboutit pas comme elle le souhaite.
    Ça fait du bien de voir tous ces portraits féminins. Ça encourage à aller dans la même direction.
    Merci pour ton travail 🙂

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Mylène,
      Je confirme que Magali a un parcours incroyable. Je lui souhaite vraiment de réussir. Parce qu’elle s’est vraiment investie et parce qu’il s’agit d’un beau projet. C’est toujours un plaisir de rencontrer des personnes comme elle. Et comme tu le dis si bien, cela encourage les autres à se lancer. Belle fin de journée et à bientôt.

  4. Super projet porté par une énorme envie de contribuer à plus d’équité. C’est ce que je retiens de cette entreprise de Magali. Même si le contexte actuel limite probablement sa marge de manœuvre avec le monde la restauration, il y a encore tellement à faire contre le gaspillage alimentaire. Beaucoup de succès à cette femme inspirante qui a opté pour l’action ! ✨

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Véro. Merci pour ton commentaire. Il est vrai que l’actualité met en difficulté un bon nombre d’entrepreneur.e.s et d’autant plus celles et ceux en contact avec les restaurateurs. Néanmoins, comme tu le soulignes, il y a tellement à faire avec le gaspillage alimentaire. De ce fait, ce type d’initiatives est toujours une belle avancée. Au plaisir.

  5. Bonjour,
    Merci pour ce témoignage où le saut n’est pas si évident que ça. C’est courageux, inspirant et je lui souhaite de réussir 😉
    Cordialement
    Pierre-Christophe

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Pierre-Christophe. Merci pour ton commentaire. Je suis heureuse que ce témoignage t’ait plu. Il est effectivement très inspirant. Tu peux en retrouver d’autres sur la page Défi. Dans la même veine, tu as par exemple celui de Léa Crédidio, une architecte qui fait la part belle aux matériaux recyclés. Belle journée.

  6. Bonjour Sophie et merci pour ce sujet,
    SUPER intéressant, tant la démarche que le parcours de Magali.
    Elle a trouvé sons sens, sa mission. Un objectif noble qui guide sa passion. Nul doute qu’avec une telle énergie, elle va y arriver.

    C’est vraiment une interview très inspirante.

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Katja et Thierry. Merci pour votre commentaire. Magali nous montre qu’il faut parfois prendre des risques pour vivre la vie telle qu’on la conçoit. A bientôt.

  7. Ça fait du bien de lire le parcours d’une femme qui s’accroche à ses valeurs et ses objectifs pour les confronter au monde. Le gaspillage alimentaire est quelque chose qui m’a toujours halluciné ! Comment est-il possible de dépenser tellement de temps et d’énergie à faire ‘naitre’ un aliment et lui faire suivre toute une chaîne pour finalement le jeter. C’est tout simplement inconcevable ! Quand je vois le soin et l’entretien que ça représente de faire pousser des légumes dans un potager… Si j’étais l’agriculteur, j’aurais envie de hurler !

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Wendy. Il est vrai que le gaspillage alimentaire nous laisse d’autant plus perplexe que certaines personnes n’ont pas de quoi manger correctement. La bonne nouvelle est qu’il existe maintenant des lois pour le réguler un minimum. Ce n’est pas encore parfait mais c’est déjà ça. Et dans les foyers, cela reste encore à notre main. Nous devons aussi apprendre à gérer pour ne pas gaspiller. A bientôt. Belle journée.

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Sylvie. Merci pour ton commentaire. Je pense qu’il y a assez de place pour plusieurs acteurs dans le domaine. Le gaspillage est toujours là malgré les initiatives. Plus elles seront nombreuses et plus nous aurons les bons réflexes. Du moins, je l’espère. Belle journée.

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