Octobre rose : l’ombre du cancer du sein sur ma vie

A l’occasion d’Octobre Rose, je souhaitais apporter mon témoignage sur le cancer du sein. Certes, je n’en ai pas eu. J’ai “juste” eu une grosse alerte il y a maintenant près de 10 ans, qui m’a valu une biopsie dans chaque sein. Une véritable frayeur qui a changé ma façon de voir les choses. Assurément, les maladies ou les accidents graves ont ce pouvoir de vous donner l’envie de faire un bilan sur votre vie passée. Une vie que souvent vous avez laissé filer, vous laissant porter au gré des courants, attendant cet événement ou cette personne qui la changera à tout jamais.

Or aujourd’hui je ne m’attends plus à ce que les choses viennent à moi. Cela n’arrive que dans les contes de fées. En fait, si tu souhaites trouver le bonheur, je me rends compte maintenant que tu dois œuvrer en ce sens. Et tu as tout intérêt à en prendre conscience avant que la vie te rappelle à quelle point elle peut être fragile.

Les maladies sont le plus court chemin de l’homme pour arriver à soi.

Thomas Bernhard
Octobre Rose : Ruban rose Cancer du sein.
marijana1 de Pixabay

Le cancer du sein, une affaire de femmes et de famille

Aussi longtemps que je me souvienne, l’ombre du cancer du sein a toujours plané sur ma vie. En fait, du côté de ma mère, c’était un peu comme une tradition familiale. Ma grand-mère et ma tante maternelle l’avaient eu. Et quelques années plus tard, ce fut le tour de ma mère. Mais à ce moment-là, je ne le savais pas. J’avais juste conscience que, pour des questions de facteurs génétiques, j’étais une personne à risque.

Des mammographies précoces

Aussi, dès mes 35 ans, j’ai commencé à faire une mammographie annuelle. Chaque année, à la même période, je prenais rendez-vous et je me rendais dans le centre de radiographie. Et ce, toujours avec les résultats de l’année précédente.

Comme chacun sait, l’examen en lui-même n’est guère agréable. En effet, tu te retrouves les seins comprimés, que dis-je complètement écrasés entre deux plaques d’une machine. En surtout, on te demande de prendre des poses complètement improbables, tous sauf naturelles. “Levez le bras comme ceci, penchez la tête ainsi, surtout ne bougez pas”. Tu oses à peine respirer quand le cliché est pris de peur de devoir recommencer. Car tu as effectivement le droit de faire de nouveaux clichés si les premiers sont jugés trop flous.

De plus, pour moi, étant donné la densité de mes seins, fait assez courant quand on est encore “jeune”, cet examen est complété par une échographie de la poitrine.

En ce qui me concerne, j’ai toujours trouvé l’échographie plus douloureuse. Car pour bien voir, il semblerait qu’il soit nécessaire d’appuyer fortement l’embout sur le sein. Ou peut-être est-ce moi qui suis trop sensible.

L’examen habituel… ou presque

Enfin, bref, ce jour-là, je m’y rendais comme d’habitude, mes examens précédents sous le bras.

Je ne m’inquiétais pas outre mesure car c’était devenu un examen presque classique. Tu rentres dans une cabine où une assistante te pose les questions habituelles. Puis tu te déshabilles et tu attends que l’on vienne te chercher pour l’examen. Et tu attends de nouveau que l’on vienne te chercher pour l’échographie.

Mais cette fois-ci, ce fut différent. Je ne l’ai pas compris tout de suite. J’ai même eu du mal à comprendre ce que me disait le radiologue sur le coup.

Le choc

Les examens avaient permis de détecter non pas une mais deux anomalies, chacune dans un sein. D’un côté, il était question de micro-calcifications. Et de l’autre, il s’agissait d’un nodule.

Et à ce stade, il était impossible de déterminer si c’était bénin. Ce fut le premier choc. Comment était-ce possible ? N’aurait-on pas dû voir ou au moins sentir le nodule via la palpation du sein concerné ?

Et le deuxième choc, ce fut quand le médecin m’informa qu’elle allait essayer de me faire passer des biopsies en urgence.

En urgence ?!!

C’est là que j’ai vraiment commencé à avoir peur.

Elle m’indiqua que nous devrions savoir rapidement à quoi nous en tenir. En effet, une fois les biopsies faites, il fallait compter deux semaines pour avoir les résultats, selon elle. J’avais 39 ans et le monde s’écroulait autour de moi. Je suis ressortie choquée du centre, des brochures d’information sur le cancer du sein sous le bras.

La première chose que j’ai faite en sortant est d’appeler mes parents pour les prévenir.

Mais tous les mots du monde ne peuvent balayer cette peur qui m’étreint alors et qui ne me quittera pas les semaines suivantes. Je repensais à la mastectomie (ablation du sein) subie par ma grand-mère et à la mort prématurée de ma tante lors de la rechute de son cancer du sein.

Les biopsies et l’enfer de l’attente des résultats

Une première macro-biopsie

Je fis d’abord une macro-biopsie à l’hôpital. Rien de bien compliqué. En fait, tu es allongée sur le ventre sur un équipement qui ressemble à une table de massage (un trou est prévu pour le sein), pendant qu’une chirurgie locale est pratiquée. Une incision, l’insertion d’une aiguille et le prélèvement. Je ne sens rien grâce à l’anesthésie mais je vois tout ce qui se passe via un écran. L’opération est relativement rapide.

Suivie d’une micro-biopsie

Et quelques jours plus tard, j’ai le droit, cette fois-ci, à une micro-biopsie effectuée au centre de radiologie. Le protocole semble beaucoup plus simple. Je suis cette fois-ci allongée sur le dos et une anesthésie locale est réalisée sur mon autre sein. Il y aura juste un incident : l’anesthésie ne fonctionnait pas encore quand le médecin a voulu enfoncer l’aiguille. Une petite douleur passagère vite oubliée. Et de la même façon, je serai témoin de l’opération via un écran.

Ri Butov de Pixabay

Puis vient l’attente

C’est fou comme deux semaines peuvent paraître une éternité. Et plus l’échéance approche et plus la tension monte.

Puis, c’est le jour J ou du moins, je le pensais. J’avais attendu bien sagement les deux semaines.

Mais le message de l’assistante médicale me refroidit vite. Mon radiologue ne travaille pas ce jour-là et non, le centre ne peut me fournir le résultat en l’absence de celui-ci.

Il faudra rappeler jeudi. Ce que je fais à la première heure. Et là, l’assistante médicale m’informe que les résultats ne sont toujours pas arrivés et qu’il faut que j’arrête d’appeler. Je craque au téléphone. Entre colère et larmes, j’explique que ces résultats m’ont été promis sous 2 semaines et que cela en fait déjà 3. Cela ajouté à l’importance de ces résultats sur ma vie, je pense légitime d’appeler pour savoir ce qu’il en est. Je serai rappelée le lendemain par le médecin qui me convoquera alors pour me communiquer les résultats.

Enfin les résultats : cancer du sein ou pas cancer ?

Ne voulant pas faire durer l’inquiétude, le radiologue me dit néanmoins au téléphone que les anomalies détectées sont bénignes. Un diagnostic rassurant donc.

En fait, la convocation a pour objectif de m’en dire plus et de m’expliquer les étapes à venir.

Le soulagement est total. Pas de tumeurs, aucun traitement, pas de radiothérapie ou de chimiothérapie, ni de mastectomie en vue… En résumé, aucun des scénarios catastrophes imaginés durant toutes ces semaines. C’est fou comme l’imagination peut être fertile parfois.

Néanmoins, le répit fut de courte durée. Car si les résultats étaient encourageants – les cellules n’étaient pas cancéreuses – il me fallait passer par une surveillance rapprochée. Et c’est ainsi que je passais à une mammographie tous les six mois pendant un an. La bonne nouvelle ? Depuis, si les anomalies sont toujours présentes, elles n’ont pas évolué. Et cela fera bientôt dix ans.

Pourquoi ce témoignage ?

En fait, je le fais pour deux raisons.

1 – L’importance du dépistage précoce d’un cancer

J’entends certaines femmes dire qu’elles ne souhaitent pas se faire dépister. Parce qu’elles ont peur du résultat et parce que la mammographie est un examen désagréable. Je ne surprendrai personne en disant que la peur n’évite pas toujours le danger.

Et un dépistage régulier peut à la fois limiter le traitement et te sauver la vie.

Car ce que je retiens de cette expérience, c’est qu’un an suffit à tout changer. En effet, en quelques mois seulement, un nodule et des micro-calcifications sont apparus. De ce fait, on peut comprendre pourquoi la guérison d’un cancer dépend de sa rapidité de prise en charge.

Sachant que le cancer du sein est l’un des cancers affichant le meilleur taux de guérison, que sont 15 minutes par an finalement ?

Alors si tu as des antécédents familiaux, je t’invite à en parler à ton gynécologue pour te voir prescrire une mammographie. Et si tu as plus de 50 ans, tu as dû recevoir, dans le cadre d’Octobre Rose, un courrier t’invitant à aller dans un centre agréé te faire dépister. Alors profite de ce mois du dépistage organisé pour faire une vérification. Cela ne te coûtera rien d’autre qu’un peu de temps.

2 – Pourquoi attendre un drame pour commencer à vivre ?

L’ombre du cancer a provoqué en moi un réveil brutal.

Je ne te parle pas de la peur elle-même mais la façon dont celle-ci m’a ouvert les yeux. En effet, je n’ai pas vu ma vie défiler mais pas loin. Effectivement, quand tu as peur de mourir, tu remets en perspective ce qui est vraiment important. Certes, nous le savons tou.te.s au fond de nous-mêmes mais nous refusons souvent de le voir.

Cancer du sein : Femme ouvrant les bras au soleil et à la mer. Liberté retrouvée.
Jill Wellington de Pixabay

Si le bonheur ne vient pas à toi, va à lui

En effet, pendant des années, j’ai voulu croire que la vie finirait par exaucer mes vœux. C’était juste une question de temps.

J’avais pourtant fixé des échéances au-delà desquelles je m’étais promis d’agir. Néanmoins, je continuais à les repousser.

Ainsi, je souhaitais construire une famille. Mais je voulais que cela se fasse « naturellement ». Tout d’abord, tu rencontres l’homme avec qui tu te sens bien. Puis tu envisages d’avoir des enfants avec. Et comme tout se déroule dans le meilleur des mondes, ils ne tardent pas à arriver dans ta vie.

Et bien pour moi, cela ne s’est pas passé comme ça. En fait, à 39 ans, je commençais tout juste à avoir un minimum confiance en moi au niveau personnel. J’étais donc toujours célibataire et sans enfant.

Or, cette épreuve m’a fait comprendre qu’il fallait que j’arrête de me voiler la face. Dans le meilleur des cas, je rencontrerai cet homme dans les mois qui viennent. Et si tout allait pour le mieux, il souhaiterait avoir des enfants un an plus tard. J’arriverais donc à l’âge de 41 ans, un âge bien avancé pour espérer concevoir une famille rapidement.

Or même si mes chances de concevoir un enfant étaient déjà bien réduites à 39 ans, elles étaient tout de même plus importantes que dans les deux ans à venir.

Alors soit je continuais à compter sur ma chance, soit je me réveillais tout de suite et j’agissais.

Et bien, malgré ma peur, j’ai choisi la deuxième option.

Car si le Père Noël n’avait pas voulu m’exaucer jusqu’à présent, il y avait fort peu de chances que cela arrive maintenant.

J’ai décidé d’être actrice de ma vie

Et j’ai donc fait un choix que certains réprouvent. En effet, j’ai décidé de faire tout à l’envers. Tout d’abord avoir un enfant. Seule. Puis de me donner les chances de rencontrer celui avec qui je souhaiterais faire un bout de route. Le temps était contre moi. De ce fait, je ne voulais pas en perdre davantage. Je savais que cela serait compliqué. Financièrement et mentalement. Mais je savais aussi que c’était maintenant ou jamais.

Je me suis donc lancée dans l’aventure PMA (procréation médicalement assistée). Pendant près de trois ans. Sans autre résultat qu’une fausse couche à trois mois.

Je sais aujourd’hui que je ne peux avoir d’enfants. Ai-je des regrets pour autant ?

Oui, certainement d’avoir attendu l’ombre de ce fichu cancer pour enfin réagir. D’avoir tenté un parcours PMA ? Non car j’aurais eu encore plus de regrets. « Et si et si… ».

Aujourd’hui, je suis malgré tout heureuse. Je partage ma vie avec l’homme que j’aime. Et j’ai en grande partie fait mon deuil de cet enfant qui ne verra jamais le jour.

Mains de mariés entrecroisées - bonheur après l'ombre du cancer du sein
Carissa Rogers de Pixabay

Un changement qui s’entretient

Et parce que je ne veux pas que ce bonheur s’envole, je continue à me rendre chaque année au centre de radiologie. La différence est que je n’y vais plus de façon sereine. L’attente des résultats m’est toujours compliquée. Mais je sais que cet examen me sauvera sans doute la vie un jour.

Et je m’écoute davantage également. Je ne reporte plus ce qui me tient à cœur. Car je sais que le temps passe très vite et que je pourrais bien laisser filer ma dernière chance.

Certain.e.s pourraient parler de la crise de quarantaine. La mienne a commencé le jour où j’ai reçu les résultats d’une mammographie il y a près de 10 ans. Et elle n’est pas près de s’arrêter.


Et toi, comment vois-tu la vie ?

As-tu des projets que tu repousses sans cesse, des besoins profonds que tu n’oses combler ?

Oui ?

Alors je t’invite à te poser la question suivante : s’il ne te restait que quelques mois, quelques années tout au plus, que voudrais-tu avoir réalisé avant ?

Non, ne pense pas aux obstacles réels ou imaginaires mais pose-toi plutôt la question : « Comment pourrais-je faire en sorte que cela se réalise » ?

Mais peut-être as-tu eu toi aussi un événement qui t’a fait revoir tes priorités ?

N’hésite pas à témoigner à ton tour.

Au plaisir de te lire.

Amicalement.

Sophie

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14 Comments

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Bénédicte. Merci pour ton message. Je ne sais pas si on peut parler de croyance familiale ou de chiffres sur le facteur génétique. Pour autant, effectivement, rien n’est joué. Belle journée.

  1. Bonjour Sophie,
    Waouh, quel témoignage.
    Tu as raison il ne faut pas attendre d’avoir peur de mourir pour enfin vivre…
    Cela me fait penser à une phrase que j’avais entendu dans un film mais qui m’est restée : “Dépêche-toi de vivre ou dépêche-toi de mourir”.

    J’ai trouvé très intéressante cette phrase qui peut presque passer inaperçue “je suis malgré tout heureuse”. Oui sans enfant et malgré un désir inassouvi on peut être heureux, c’est possible. J’en fais partie et je suis sincèrement heureuse.
    Pour certains le bonheur n’existe pas.
    Je dirais que c’est vrai, il n’existe pas. C’est à toi de le créer, de l’inventer de le faire vivre…
    Tu es la preuve vivante qu’il faut arrêter d’être spectateur de sa vie et de sa santé.
    Il faut agir.
    Merci pour cet article.

    Bien à toi.

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Mylène. Merci pour ton message. J’aime bien ta réplique “dépêche-toi de vivre ou dépêche-toi de mourir”. Elle résume bien l’idée. Dommage que nous mettions tant de temps à nous en rendre compte pour la plupart d’entre nous. Néanmoins, il n’est jamais trop tard pour vivre. Belle journée. A bientôt.

  2. Quel super témoignage !
    Cet événement qui change ta façon de voir la vie. c’est édifiant.
    Nous sommes également d’avis qu’il n’y a pas 36 solutions pour vivre heureux. Il faut être acteur et non spectateur de ton succès. C’est clair. Les choses n’arrivent que si l’on est préparé à les recevoir.
    Merci Sophie,

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Katja et Thierry. Merci pour votre message. Effectivement, nous avons une grande part à jouer dans notre vie. Nous ne pouvons nous contenter de la laisser passer au risque de passer à côté de notre bonheur. J’ai l’impression que vous l’avez trouvé de votre côté, non ? A bientôt.

  3. Très bel article ! Même si je ne suis pas directement concerné (et pour cause je suis un homme) j’ai retrouvé dans ce texte, pas mal de chose que j’ai pu vivre suite à un problème au cerveau, et une opération qui s’en suivit ! Les mêmes questions et mêmes inquiétudes (il s’agissait de savoir si mes maux étaient liés à une maladie dégén2rative ou pas). Finalement, non, et une nouvelle vie que désormais (et depuis 6 ans maintenant je vis à 101%… J’ai déjà fait le tour de l’Amérique du Sud en sac à dos).
    Le seul côté positif de la maladie est bien cela : se rendre compte de la valeur de la vie et du temps qui passe ! Merci pour ce témoignage !

    1. Sophie Willocquet

      Merci Nicolas pour ton témoignage. Tu as fait preuve d’un véritable courage. Je suis contente que l’issue soit heureuse. Tu as dû vivre une magnifique aventure en Amérique du Sud. De mon côté, je rêve d’aller en Argentine. Les paysages semblent tout simplement magnifiques. A bientôt.

  4. Témoignage très touchant ..
    On a tendance à penser que certaines choses n’arrivent qu’aux autres et on se créent des excuses pour ne pas aller se faire dépister.
    Avec des antécédents qui ont eu le cancer ou pas , il faut se dépister. J’en connais qui n’ont jamais eu d’antecedents de cancer mais ont perdu un proche du cancer.
    Merci pour ce rappel

    1. Sophie Willocquet

      Bonjour Carine. Merci pour ton message. Effectivement, ne pas avoir d’antécédents ne garantie pas que la maladie ne va pas pointer un jour le bout de son nez. Et le dépistage précoce permet souvent une guérison du cancer du sein. Cela ne coûte qu’un peu de temps. C’est donc dommage de ne pas s’y rendre. Belle journée.

  5. Quel beau témoignage !
    Je suis vraiment touchée de te lire et cela confirme bien ma philosophie de vie, de toujours prévenir.
    Je suis persuadée que partir à la découverte de soi suffisamment tôt nous permet de limiter les “dégâts” que certains surprises peuvent engendrer.
    Bravo pour ton parcours très inspirant.
    J’espère qu’aujourd’hui tu vis ce que tu désires 🙂

    1. Sophie Willocquet

      Merci Julia. Ton message me touche. Je suis effectivement chanceuse aujourd’hui, je peux le dire. Mais j’ai l’impression que tu vis également la vie que tu désires ou que tu en es sur le chemin. Je te le souhaite en tout cas de tout coeur. Au plaisir.

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