Les femmes sans les hommes, est-ce possible ?

Les femmes sans les hommes : est-ce possible ? Sommes-nous capables de faire sans eux ?

« A woman needs a man like a fish needs a bicycle. »

« Une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette. »

Les femmes sans les hommes, est-ce possible ? Je Tu Elles. Guinness "A woman needs a man like a fish needs a bicycle"

Savez-vous d’où vient cette maxime ?

C’est Irina Dunn qui l’aurait créée en 1970 quand elle était étudiante à l’Université de Sydney. Elle déclara par la suite avoir paraphrasé un philosophe ayant déclaré :

« L’homme a besoin de Dieu comme le poisson a besoin d’un vélo.»

Irina Dunn est une écrivaine, militante sociale, cinéaste et sénatrice australienne. Beau parcours, non ? Et de l’humour !

Son slogan a été repris par les féministes a été transformé par la suite en : « Une femme sans homme, c’est comme un poisson sans bicyclette. »

Il est d’autant plus intéressant qu’il permet de répondre aux quelques personnes qui pensent que les femmes doivent encore mériter l’égalité.

Une croyance millénaire

En effet, cette croyance que les femmes ne peuvent se débrouiller seules n’est pas nouvelle, loin de là :

« Une femme qu’on laisse seule n’est plus rien. »

Eschyle, Les Suppliantes.

Alors, stéréotype ou réalité ?

Les femmes ont-elles jamais su se débrouiller seules ?

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Voici les questions auxquelles je vous propose de répondre au travers de cet article.

Bonne lecture.

Sophie

Les femmes incapables sans les hommes : stéréotype ou réalité ?

Pour ce qui nécessite de la force

Tout dépend de ce que l’on appelle force.

Les hommes ont en moyenne environ 10% de muscles en plus que les femmes. Mais à volume de muscle identique, force identique. Donc tout dépend de la masse musculaire de l’individu.

Et selon une étude, les femmes seraient en fait plus résistantes que les hommes, en particulier aux épidémies et à la famine.

Et puis, à défaut de masse musculaire développée, les femmes pourront toujours investir dans :

  • un ouvre bocal (entre 5 et 10€)
  • un chariot de courses à 6 roues pour monter les achats jusque dans l’escalier quand l’ascenseur est en panne (entre 30 et 50€)
  • un diable pour les charges les plus lourdes (entre 20 et 100€ selon le modèle)
Les femmes sans les hommes, est-ce possible ? Je Tu Elles.  Chariot diable

Pour la conduite

Femme au volant, mort au tournant !

Sans parler de notre sens de l’orientation.

Publicité Renault

En ce qui concerne le sens de l’orientation de certaines personnes (hommes ou femmes), les fabricants de voiture ont intégré une merveilleuse invention à la plupart de leurs modèles : le GPS.

Et pour ce qui est de la conduite des femmes, malgré la communication régulière de statistiques, rien n’y fait.

Ce préjugé a vraiment la vie dure.

Et pourtant, il est depuis longtemps prouvé que les femmes ont moins d’accidents et que la gravité de leurs accidents est moindre.

Ceci grâce à leur comportement généralement plus prudent : elles boivent moins, utilisent moins leur téléphone au volant, conduisent moins vite…

82 % des présumés responsables d’accidents mortels (avant procès) sont des hommes. Et plus l’infraction est grave, moins les femmes sont concernées.

90 % des permis de conduire retirés pour perte de la totalité des points appartiennent à des hommes (Sécurité routière).

Or, par tradition, les femmes ont pourtant tendance à laisser le volant au conjoint. Par tradition ou par manque de confiance ?

Moniteur d’auto-école piégé par la championne de stunt Sarah Lezito

Pour le bricolage

Publicité Mercator

Sans commentaire.

Cette publicité reflète particulièrement bien la perception que l’on a d’une femme s’essayant au bricolage.

Après tout, combien de femmes ont appris à en faire dans leur jeunesse ?

Une affaire d’hommes ?

Les émissions de décoration ont commencé à changer la donne.

Certaines femmes ont alors commencé à se mettre au bricolage. La mode du DIY (Do It Yourself) y est pour beaucoup également.

Des tutos se sont mis à fleurir sur le Net.

Exemple de tuto de bricolage

Des cours sont maintenant proposés dans les magasins de bricolage : initiations à l’électricité et à la plomberie, pose de parquet…

Plus d’excuse pour s’y mettre ?

Pour nous protéger

Pour nous protéger de quoi exactement ?

D’un ours ?

https://www.youtube.com/watch?v=LcAIbsZKVqA

D’un autre homme ?

Un rapport rendu par le Haut Conseil à l’Egalité femmes-hommes indique que 100% des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou d’agressions sexuelles. Dans 50% des cas, les victimes de harcèlement sont mineures.

Malheureusement, même avec la meilleure volonté du monde, personne ne peut être complètement protégé. Entre les circonstances, le nombre de personnes impliquées, le moment où l’agression survient, il nous faut compter avant tout sur nous et la bienveillance et le courage des personnes présentes.

Des cours de self-defense, des produits d’auto-défense sont aujourd’hui proposés (alarme, gel au poivre…). Ils peuvent aider à condition de les avoir sous la main et de ne pas céder à la panique ou la peur des représailles.

Les femmes sans les hommes, est-ce possible ? Je Tu Elles.  Stop Harcèlement de rue

D’un proche ?

Un outil pour s’en rendre compte et arrêter de culpabiliser, le violentomètre

Les femmes sans les hommes, est-ce possible ? Je Tu Elles. Violentomètre

Un numéro d’urgence 24/24 pour se faire aider : 3919

En cas de guerre

Sources : Wikipédia, Futura Science, site de la Défense

On imagine souvent qu’en cas de guerre, les hommes partent se battre tandis que les femmes et les enfants restent sur place, attendant le retour du mari ou du père.

Effectivement, de nombreuses femmes sont restées pour protéger le foyer et les enfants. Mais pas seulement.

Vous connaissez Jeanne d’Arc.

Mais avez-vous entendu parler de Gao Guiying, Qin Liangyu, Khutulun, Ilen Embet, Toypurina, Fu Hao, Sanité Belair, Seh-Dong-Hong-Beh, Marina Raskova… ?

Cliquez ici pour retrouver leur histoire.

Peu de personnes connaissent ces combattantes car le rôle des femmes lors des guerres a commencé à être mis en lumière uniquement à partir de la première guerre mondiale (1914-1918).

Durant la première et la deuxième guerres mondiales

En effet, la plupart d’entre elles ont dû remplacer les hommes partis se battre en assumant seules les travaux durs des champs à la campagne, en occupant des emplois civils ou en travaillant dans des usines de fabrication de munitions. Plusieurs centaines de milliers ont également servi dans les différentes armées dans des fonctions de soutien, par exemple en tant qu’infirmières. D’autres, comme en Russie, ont participé aux combats.

Et durant la deuxième guerre mondiale (1939-1945), leur implication ne s’est pas démentie.

Elles ont ainsi joué un rôle essentiel à différents niveaux : usines d’armement, Résistance, combats.

Sur les zones de combats, on y retrouve des infirmières mais pas seulement.

Les Rochambelles, les infirmières les plus connues de la Seconde Guerre mondiale

Certaines rejoignent différents corps d’armée. On les retrouve dans les stations de communication mais pas uniquement. Certaines pilotent des chars, des avions de chasse, d’autres sont tireuses d’élite comme Lioumila Pavlitchenko.

Cette dernière, considérée comme la femme la plus dangereuse de la Seconde Guerre mondiale, intégrera l’Armée Rouge à l’âge de 25 ans. Elle y deviendra l’une des 2 000 femmes tireuses d’élite. A partir de 1943, elle sera chargée de la formation des tireurs d’élite jusqu’à la fin de la guerre.

D’autres ont eu des aventures dignes de James Bond.

C’est le cas de l’australienne Nancy Wake.

Les femmes sans les hommes, est-ce possible ? Je Tu Elles. Nancy Wake résistante et femme la plus décorée de la deuxième guerre mondiale
Nancy Wake

Elle réussit à s’enfuir à ski, sème en voiture un avion qui la mitraille, saute d’un train en marche, parcourt en trois jours 430 km à vélo…

Tour à tour infirmière, résistante, membre des Service Secrets britanniques (…), elle deviendra la femme la plus décorée de la Seconde Guerre mondiale (légion d’honneur, croix de guerre, médaille de la résistance…).

D’autres femmes intègreront la Résistance (20% des membres en France). Parmi les plus connues : Lucie Aubrac, Lise London ou Germaine Tillion.

Voici d’autres exemples de femmes s’étant illustrées au combat :
  • Angélique Marie Josèphe Duchemin : première femme militaire française nommée Chevalier de l’ordre national de la Légion d’honneur en 1851.
  • Susan Travers : seule femme immatriculée à la Légion étrangère.
  • Élisabeth Boselli : première femme brevetée pilote de chasse de l’armée de l’Air en 1946.
  • Valérie André : médecin générale française, combattante de la Résistance, médecin et pilote pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie, elle fut la troisième femme à recevoir la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur et la première femme à être élevée au rang d’officier général en avril 1976.
Et aujourdhui

Aujourd’hui, les femmes représentent 15,5% de l’effectif militaire de l’armée (55 026 femmes, selon les chiffres 2019 de la Défense nationale, dont 6,7% en “Opex”, les opérations extérieures), plaçant ainsi la France au 4ème rang des armées féminisées dans le monde (derrière Israël, la Hongrie et les États-Unis).

Les femmes sans les hommes, est-ce possible ? Je Tu Elles. Statistiques du ministère de la Défense. Femmes dans l'armée

Pour en savoir plus :

  • Cet article de Wikipédia retrace la participation active des femmes dans l’histoire militaire.
  • L’histoire de Caroline Aigle, championne et pilote de chasse et d’autres histoires de femmes del’armée (site du Ministère des armées)
  • Témoignage du général Christine Chaulieu, chargée des activités internationales à l’Institut des hautes études de la Défense nationale.

Alors, les femmes sans les hommes, est-ce possible ?

Nous l’avons déjà fait et continuons à le faire

Au travers de l’Histoire comme nous l’avons déjà évoqué et encore aujourd’hui.

Selon une étude réalisée par Acxiom en 2012, 40.6% des français sont célibataires.

Parmi eux, 2 sur 3 sont des femmes.

Nous avons donc appris à nous débrouiller seules.

Et cela ne concerne pas uniquement les femmes célibataires.

Il arrive que le conjoint de certaines femmes ne rentre pas au foyer régulièrement, notamment pour des raisons professionnelles (routiers, missions dans une autre région, déplacements fréquents…).

Et pour d’autres, comme ces femmes sénégalaises, c’est la migration de leur mari qui les impacte et bouleverse leur vie. Leur conjoint part vers l’Europe espérant y gagner suffisamment d’argent pour leur famille, ce qui est rarement le cas. En attendant, les femmes restées sur place doivent assumer toutes les tâches y compris celles laissées par leur mari (travail aux champs), sous le regard désapprobateur du village. Entre poids des traditions et survie.

Abandonnées par les hommes, les Sénégalaises brisent les codes et s’emparent des « tâches masculines »

Un poisson avec une bicyclette ?

Je rejoins Irina Dunn sur le sujet.

« Une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette. »

Les femmes sans les hommes, c’est possible.

Par contre, pourquoi vouloir réduire les femmes et les hommes à des rôles ou des compétences si limités ?

En effet, moins il y aura de stéréotypes et plus il y aura de possibles. Chacun pourra oser repousser ses limites.

Selon moi, indépendamment de leur sexe, tous les individus sont complémentaires et apportent chacun à leur niveau, des compétences, talents et autres connaissances.

Il serait dommage de s’en passer.

A nous de les partager.

Quant à dire si les femmes méritent l’égalité, cette citation y répond très bien :

L’égalité, c’est d’avoir les mêmes droits, pas les mêmes fonctions.

Szczepan Yamenski

Et peut-on sincèrement penser que certains individus puissent avoir moins de droits sous prétexte de sexe, d’origine ou autres critères ?


Et vous, quel est votre avis sur le sujet ?

Cet espace est le vôtre.

Sentez-vous libre de commenter, partager, liker.

Au plaisir de vous lire.

Sophie

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